08.11.2011
(*réseau de démonstration, expérimentation et production de références sur les systèmes économes en phytosanitaires)
Le Ministère de l’Agriculture vient d’inaugurer officiellement le réseau de fermes pilotes DEPHY inscrite dans l'axe 2 du programme Ecophyto 2018 du Grenelle de l'Environnement, l'objectif est d'atteindre si possible, une réduction d'utilisation des produits phytosanitaires de 50 % entre 2008 et 2018.
En 2010, année de lancement de la phase TEST, La Chambre d'Agriculture de Saône-et-Loire a été retenue par le Ministère de l'agriculture au niveau national pour tester la démarche. 11 exploitations viticoles réparties sur tout le département font partie de ce réseau. Celui-ci a pour objectif de « contribuer à l’apprentissage des systèmes de culture économes en produits phyto, à leur démonstration et à leur développement ».
Montrer que c'est possible !
Concrètement, les exploitations du réseau de Fermes font l’objet d’un appui technique rapproché, tout au long de la campagne par un ingénieur réseau et par les techniciens spécialisés de la Chambre d’Agriculture. L’accompagnement permet au viticulteur de tester des techniques permettant de réduire l’utilisation des produits phytosanitaires.
En 2010, la moyenne des exploitations de Saône et Loire a déjà atteint une réduction de 23 % par rapport à la moyenne régionale. L'objectif pour 2013 est de réduire d'avantage pour atteindre 35 % de réduction. Afin d'évaluer et de recenser les méthodes de réduction, chacune des fermes enregistre précisément les traitements réalisés : surfaces traitées, doses, dates... Les pratiques sont notées, mais aussi les résultats obtenus. l’objectif est aussi de montrer jusqu’où on peut aller dans la réduction des intrants, mais aussi de mesurer les risques. De plus l'animation en groupe permet de créer une synergie afin de partager et d'innover dans de nouvelles méthodes.
« Nous avons été voir d’autres exploitations, nous avons eu des réunions de groupe. Ces échanges sont importants, ils permettent de faire part de nos expériences, de dire ce qui a marché, ce qui n’a pas fonctionné. C’est intéressant de voir que d’autres ont les mêmes doutes.» explique Fabien Clément du Gaec Copex à Taizé.
Un accompagnement du réglage du matériel de pulvérisation a été mise en place en collaboration avec l'Institut Français de La Vigne et du Vin. Les viticulteurs du groupe sont sensibles et conscients de la performance du matériel mais aussi de l’équilibre agronomique de la vigne. «Je voulais aller plus loin dans mes réflexions, notamment sur les réductions de dose que je pratique depuis 2000. Je ne sais pas encore comment je vais réduire davantage la quantité de phytos que j’applique, car je suis déjà 25 % en dessous de l’IFT régional. Mais je suis certain que la qualité du matériel est essentielle.. » commente Gérard Gayet du Gaec de la Grappe d’or à Lugny.
Les leviers de réduction du Réseau 71
Pour réduire les intrants, chaque exploitation utilise un ou plusieurs leviers.
I'optimisation de la pulvérisation est la méthode la plus fréquement retrouvée qui permet la réduction de 30 % de la concentration de la dose grâce à un matériel de pulvérisation face par face.
L'enherbement à la place des herbicides fait aussi partie des méthodes partiquées par l'ensemble du réseau. Gilles Botti a chevagny les chevrières explique que la totalité de son parcellaire est enherbée depuis plus de 10 ans, lui permettant ainsi de ne desherber que 50% de la surface sous les ceps.
Aussi, le désherbage mécanique afin de réduire les herbicides se developpe sur plus de la moitié des exploitations comme le Gaec Copex avec l'aquisition d'un outil de desherbage mécanique avec des brosses rotative ou encore le lycée de davayé en conversion vers l'Agriculture Biologique.
La majorité des exploitations a arreté l'usage des anti-botrytis et des insecticides, laissant place aux équilibres biologiques ou a des methodes alternatives comme la confusion sexuelle.
Le dernier axe de travail est constitué par des méthodes de reconception, c'est-à-dire de changement de mode de conduite. Par exemple, Jean Pierre Mortet à Romanèche Thorins a transformé ces densités de plantation de certaines parcelles vers des vignes larges lui permettant de réduire considérablement ses intrants en fonction de la végétation. et de la surface à désherber.
Réalisé avec l’appui financier de l’ Office National de l’ Eau et des Milieux Aquatiques, par les crédits issus de la redevance pour pollutions diffuses attribués au financement du plan Ecophyto 2018
